Le packaging… Too much ? Achetons en vrac !

Merci à un de mes amis pour m’avoir récemment interpellée en me disant qu’il ne voulait plus acheter de produits sous packaging, que c’était en contradiction totale avec tout ce qu’on entend sur le développement durable… Et qu’il irait faire ses courses dans un magasin en prenant ses propres contenants… Ah oui ?? On peut faire ça aussi…

La vente en vrac sans emballage

Oublié depuis l’émergence des supermarchés, le vrac a refait surface dans les rayons il y a maintenant quelques années. Mais, il a peiné à s’imposer, tant il est difficile de changer notre « éducation » de consommateur… Puisque bien sûr, nous sommes formés depuis notre plus jeune âge à consommer (je vous invite à vous rafraîchir la mémoire : Ethique, morale et déontologie dans le commerce…).

éduction consommateur

Emballé, pesé… et jeté. En France, la quantité des déchets ménagers quotidiens par habitant a quasiment triplé en vingt ans et atteint aujourd’hui plus de 430 kg en moyenne par personne et par an. Ces rebuts ont beau finir dans la poubelle quelques heures à peine après la fin des courses, ils représentent 15% à 20% des sommes versées par le consommateur à la caisse, et la moitié du volume de nos déchets. Parmi ces déchets ménagers, les emballages et sacs plastiques occupent malheureusement une place de choix.

Vous aurez certainement entendu parler d’un 7ème continent… On a longtemps cru que notre planète n’en comportait que 6, mais puisqu’on n’arrête pas le progrès, depuis une trentaine d’année, un septième s’est créé, mais il sera compliqué de l’habiter, et pour cause : il est constitué de matières synthétiques que notre société de consommation rejette chaque jour dans la nature.

N’en jetez plus ! Les arguments sont multiples pour cesser d’emballer les produits sur les étals. Pourtant, en France, seule une petite partie des produits sont aujourd’hui vendus « en vrac ». Aucun registre n’est tenu, mais il s’agit principalement des fruits et légumes et, dans une moindre mesure, des fromages et viandes « à la coupe ». Le reste est empaqueté, ficelé, emballé.

EconomiqueLoin d’être paupérisant, l’angle est économique (« ne payez que ce dont vous avez besoin » et des produits deux fois moins chers que les produits packagés, du moins selon les enseignes), mais surtout écologique avec de nombreux produits artisanaux et un positionnement dénonçant le gaspillage de packagings sans réelle utilité pour le client final. Et bien entendu, le client est invité à amener le contenant de son choix pour transporter son produit.

Les produits comme le vin, les détergents ou les savons sont ainsi proposés dans des conteneurs à robinets, où les clients se servent directement dans leur propre contenant ou dans des contenants achetés sur place et réutilisables (sacs, bouteilles en verre, etc.).

Vrac, le cas pratique de Biocoop

Pour Biocoop, la présence de matières plastiques dans l’environnement en général et dans le milieu marin en particulier doit être considéré comme une réelle pollution chimique et pas seulement comme une nuisance.

909Pour lutter contre la pollution environnementale, il propose aux consommateurs de nombreux produits en vrac : biscuits, céréales, fruits secs, farines, pâtes, riz, légumineuses, sucres, condiments, etc. Pour les porter, des sacs en kraft recyclé, imprimés avec des encres à l’eau. Les colles et encres sont sans solvants.

Les ventes de produits en vrac sont en très forte progression dans les magasins du réseau et remportent un vrai succès auprès des consommateurs. En 2011, il a été le seul distributeur à mettre en place des phases test avec la mise en place d’une offre de yaourt en vrac et a également proposé une offre de lessiviel en vrac…

Enfin, pour l’ensemble des courses, un cabas fabriqué en Inde, à partir de coton biologique cultivé dans des conditions équitables vous est aussi proposé. Biocoop privilégie ainsi une solution durable.

Au marché vrac ? Le self discount chez Auchan

Auchan self discountLa vente en vrac n’en finit pas de faire des émules. Pratiquée depuis longtemps par les magasins bio, elle a été déployée par Auchan dans ses espaces Self Discount et reprise par Carrefour dans ses rayons Courses Eco. Avant de lancer le Self Discount, Auchan avait même créé, en 2002, l’enseigne Au Marché Vrac : des magasins de proximité qui faisaient du vrac un argument social, en ciblant une clientèle à faible pouvoir d’achat. Le concept avait été imaginé par Gérard Mulliez lui-même. Le réseau a compté jusqu’à sept points de vente, mais l’aventure a cessé en 2007 faute de résultats économiques.

Aux dernières nouvelles : « Saveurs d’ici et d’ailleurs », le concept vrac d’Auchan

Une épicerie sans emballage à Bordeaux

Un petit supermarché 100% vrac a ouvert ses portes à Bordeaux : La Recharge. Les clients se serviront de leurs propres conditionnements ou rapporteront les emballages consignés pour les produits frais.

La recharge

L’idée est de proposer dans le magasin, à une clientèle de quartier, un maximum de produits locaux sélectionnés en direct : pommes de terre d’Eysines, kiwis de l’Adour, porc gascon, noix du Périgord, farines de blés régionaux, vinaigre de Dordogne, lait du Médoc, lessive 100% Gironde. Les produits sont présentés en vrac ou à la coupe. Ceux qui doivent rester conditionnés pour des questions d’hygiène (lait, yaourts, etc.) sont vendus dans des emballages consignés, à ramener en magasin. Les clients pourront aussi se procurer sur place des conditionnements réutilisables. La vocation de La Recharge est à la fois de pousser les consommateurs à réduire le nombre d’emballages jetés chaque année, de leur permettre d’acheter les quantités précises dont ils ont besoin et d’instaurer un rapport direct avec des produits nus, sans l’artifice des packagings.

Vrac VS Packaging

Finalement, la vente en vrac a énormément d’arguments pour convaincre les consommateurs : les produits sont moins chers, les poubelles sont allégées, la planète est mieux respectée… Cependant, pour certains types de produits, comme les produits dans les GSB Grandes Surfaces de Bricolage, le vrac n’existe que pour plaire au client ; Il apporte des contraintes supplémentaires pour le fabricant et le distributeur. Ce dernier doit quand même avoir un conditionnement (sous-entendu gratuit) pour vendre ses vis par exemple. Du coup, l’impact sur le développement durable existe malgré tout. Dans le même esprit, le packaging (voir mon précédent article : Choisir votre produit vous-même ? Un doux euphémisme…) apporte des informations complémentaires concernant le produit (comme la provenance ou les ingrédients).

CéréalesPour prendre un dernier exemple, lors de mon passage en centrale d’achats Auchan en 2005, nous réfléchissions à l’économie possible sur les emballages de céréales. La problématique de ce packaging est multiples : il prend de la place, le transporteur livre « du vide », le paquet est souvent à moitié vide and so on… Cependant, nous nous sommes confrontés à plusieurs problématiques ; Si nous réduisions la qualité du carton pour en consommer moins, le paquet risquait l’écrasement pendant son transport ; Si nous réduisions sa taille, le produit risquait de nouveau l’écrasement ; Si nous enlevions le carton et ne laissions que le sachet plastique, il aurait fallu imprimer sur le plastique ce qui s’avérait plus coûteux à l’époque et le paquet n’était pas assez protégé… De même pour les yaourts, comment supprimer l’emballage carton en gardant une visibilité du produit pour le consommateur tout en maintenant la qualité du produit ?

Finalement, il faut avouer qu’il est plus pratique de ne pas avoir d’emballage pour la planète. C’est aussi moins coûteux puisqu’il n’y a plus de communication sur le produit. Cependant, la vente en vrac ne risque t’elle pas de limiter notre choix de produits ? De même, comment ne pas perdre toutes ces informations si précieuses pour lesquelles nous nous sommes battus ces dernières années (suivi, provenance, traçage, etc.) ? Une logique serait peut-être déjà de limiter ces emballages ou de les consigner, de n’utiliser que des produits recyclables et recyclés… Mais, comment assurer la qualité de tous les produits sans emballage (le coca ou le perrier et sa bouteille en PET n’aurait plus de bulles…) ? En tous cas, il reste encore du chemin à parcourir au fabricant pour affiner ses techniques de production et ses contraintes de logistique, et à nous consommateur pour nous ré-éduquer !

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