Consommation collaborative… Et vous, vous partagez ?

Achats d’occasion, achat groupés, et location entre particuliers… Nous aspirons à consommer moins mais dans les faits, nous consommons surtout différemment !

pic004Aujourd’hui, tout ou presque peut se louer, s’échanger ou se partager via Internet. Voitures, maisons, canapés, frigos, machines à laver, journaux… Poussés par la crise, les consommateurs s’adonnent de plus en plus au « C to C » (Consumer to Consumer) comme alternative au commerce traditionnel.

Ca ne paraît pas être une révolution, mais c’est déjà un phénomène. La défiance à l’égard du système marchand classique a créé un nouveau comportement chez le consommateur. Face à la baisse du pouvoir d’achat, nous faisons de plus en plus souvent appel au système D. Et surtout, nous avons tendance à choisir en priorité l’utilisation des biens avant leur possession.

Avec Internet, cette tendance a trouvé un moyen d’application. On assiste à une multiplication de sites proposant la revente, l’achat groupé, la location entre particuliers et, plus généralement, tout ce qui permet une utilisation optimisée des biens de consommation.

« Ce qui est à moi est à toi »drill-collaborative-consumption

Cette nouvelle économie porte déjà un nom : la « consommation collaborative ». Elle semble avoir vu le jour spontanément il y a quelques années, avec l’apparition des systèmes de vélo-partage ou des sites de ventes aux enchères comme Ebay.

Divers produits échangés de diverses manières

troc-fringuesLa consommation collaborative regroupe l’ensemble des systèmes de partage, du troc à l’échange de compétence, de la location de vêtements d’enfants à la revente de tondeuse, de la bonne idée sur Twitter au petit plat concocté pour le voisin. On pourra également parler d’économie collaborative regroupant l’ensemble des pratiques et des modèles économiques organisés en réseaux horizontaux et/ou communauté d’usagers, pouvant assumer le rôle du producteur et du consommateur (le « prosumer »).

Par exemple, les études montrent qu’une voiture n’est utilisée que 4% du temps, passant la majorité du temps garée sur un parking. Face à ça, Blablacar  ouUberpop permettent de faire profiter d’une voiture plusieurs personnes avec tous les avantages que ça a : moins de voitures en ville, plus écologique, plus économique… L’utilisation partagée est vouée à se répandre à tous les transports. Aux États-Unis il y a même déjà un Uber pour les hélicoptères, les avions et les bateaux !

La mise en réseau des consommateurs a redessiné le mode de distribution des produits. Quatre schémas semblent s’imposer :

  • Le type Vélib : dans le système de location à la demi-heure proposé par la ville de Paris, le bien de consommation n’appartient pas à un particulier mais à une entreprise. Il est transformé en service, et son utilisation est partagée par les consommateurs.
  • Le type Zilok : avec la location entre particuliers, la propriété du bien de consommation n’est pas partagée, mais son utilisation est optimisée. Le bien peut être rentabilisé par son propriétaire, qui n’en a pas forcément l’utilité permanente. Le locataire a ainsi accès à l’utilisation de biens qu’il ne peut/veut pas acheter.
  • Le type Leboncoin : le bien est consommé par celui qui le possède. Mais les propriétaires changent. C’est le principe de la vente d’occasion, mais aussi du troc, du don, etc.
  • Le type Groupon : le principe est la mise en commun d’un bien unique consommé par plusieurs personnes simultanément. La colocation, le covoiturage, le coworking, le colunching en font partie. Mais aussi les achats groupés, dans lequel l’achat d’un lot baisse le coût unitaire du produit.

Enjeux et perspectives de la consommation collaborative

Peu à peu, un phénomène dont le moteur avant tout idéologique, écologique, et social est en train de s’étendre. Le marché mondial de l’économie de partage pourrait atteindre près de 270 milliards d’euros d’ici à 2025, contre 12 milliards aujourd’hui, selon PwC. En France, près de la moitié des consommateurs y ont eu recours cette année.

Les Français sont fans de consommation collaborative, parfois sans le savoir

En France, la tendance a pris aussi. Près de la moitié des Français ont eu recours à une pratique de consommation collaborative en 2014, relève le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). « Par exemple parmi les livres acquis depuis six mois, 22% ont été achetés d’occasion en 2014 contre seulement 15% en 2013, 3% ont été loués et 23% empruntés. Seule la moitié des livres acquis en 2014 ont été achetés neufs », écrit-il. De même, la part des produits électroménagers achetés d’occasion est passée de 2,8% à 5,5% entre 2006 et 2011, celle des meubles de 8,2% à 10,1%, celle des produits audiovisuels de 3,2% à 4,5%, et celle des produits de jardinage-bricolage de 3,3% à 4,4%.

Paradoxalement, l’essor de ce marché passe presque inaperçu tant le concept de consommation collaborative est encore mal connu des Français. D’après un sondage réalisé pour l’Institut national de la consommation (INC), seules 40% des personnes interrogées disent en avoir entendu parler. Les consommateurs le pratiquent donc souvent sans le savoir. Ainsi, par exemple, 96% des sondés connaissent le site Leboncoin.fr, qui permet aux particuliers d’échanger ou de se vendre des produits, et 73% disent l’utiliser régulièrement.

Des entreprises dans la tendance

Certaines formes d’échanges collaboratifs attirent tout particulièrement les investisseurs. Premièrement, les sites de vente comme Ebay, Groupon, Leboncoin, dont les valorisations ont atteint des records. Ensuite, des sites de location spécialisés sur certains secteurs, comme Airbnb et Wimdu (chambres chez l’habitant) ou Relayrides et Zipcar (location de voiture), qui ont tous levé des millions d’euros. Zipcar (plus de 400 000 abonnés) a été valorisé à 1,2 milliard de dollars sur le marché américain.

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Mais l’espoir de la consommation collaborative réside surtout dans le fait que le consommateur a désormais un intérêt économique à partager. « Un de nos clients gagne entre 800 et 1.500 euros par mois en louant les outils qu’il a accumulés dans son garage. On explosera le jour où les gens associeront le mode de la location à tous les objets », explique Marion Carette, fondatrice de Zilok.

Malgré tout, la consommation collaborative change d’échelle… et de cap !

opportunite-300x188Les valeurs proclamées et revendiquées par les pionniers (redonner un sens à l’acte de consommation via une densification des interactions humaines, préserver l’écosystème en partageant et en allongeant le cycle de vie des biens de consommation, etc.) ne sont en effet pas forcément celles qui conduisent le grand public à adopter la consommation collaborative. Dans les faits, nous avons une vision opportuniste. Plutôt que de réduire notre consommation, nous avons tendance à l’entretenir. Nous accèdons à d’autres choses que nous n’aurions pas consommer faute de budget pour la posséder.

En 2013, 77 % des individus voyaient d’abord l’économie collaborative comme un moyen de dépenser moins ou d’augmenter leurs revenus, et seuls 36 % étaient motivés par la volonté de recréer du lien social, d’aider son prochain ou de participer à la sauvegarde de l’environnement. En France, 63 % des consommateurs recouraient à la consommation collaborative pour « payer moins cher » et 55 % pour « trouver des bonnes affaires ». Il semblerait ainsi que les pratiques de consommation collaborative ne traduisent pas forcément un rejet du système mais plutôt une volonté des consommateurs d’optimiser leur pouvoir d’achat et de consommer autrement, « sur-mesure » (flexibilité, personnalisation, etc.).

Par conséquent, la consommation collaborative ne se substituerait pas automatiquement à la consommation conventionnelle et pourrait au contraire être complémentaire à cette dernière. L’économie collaborative contribuerait en quelque sorte à une hyper consommation et augmenterait nos impacts environnementaux.surcon1-3.jpg

 

 

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